La voiture reste indispensable pour une grande partie des Européens, mais son coût devient de plus en plus difficile à absorber. Hausse du prix des déplacements, renoncement à certains trajets, report du changement de véhicule ou des réparations : les contraintes financières modifient concrètement les habitudes. Selon le Sondage OpinionWay pour AramisAuto, 95 % des automobilistes européens estiment que se déplacer coûte de plus en plus cher, tandis que 80 % considèrent désormais la possession d’une voiture individuelle comme un luxe.

Les chiffres à retenir :
  • 95 % des automobilistes européens estiment que les déplacements coûtent de plus en plus cher.
  • 88 % disent qu’ils ne pourraient pas se déplacer comme ils le souhaitent sans voiture.
  • 80 % considèrent que posséder une voiture individuelle est devenu un luxe.
  • 64 % ont récemment réduit leurs déplacements non essentiels pour des raisons financières.
  • 54 % utilisent davantage la marche, le vélo ou d’autres mobilités douces.
  • 38 % ont renoncé à changer de voiture.
  • 92 % sont favorables à un bouclier tarifaire pour limiter la hausse du prix des carburants.

La voiture reste indispensable… mais de plus en plus difficile à financer

Le paradoxe ressort nettement de l’étude. D’un côté, les automobilistes européens restent fortement dépendants de leur voiture. De l’autre, son coût devient une préoccupation presque universelle.

95 % des automobilistes interrogés dans sept pays européens considèrent que se déplacer coûte de plus en plus cher. Ce constat dépasse largement les frontières nationales : il atteint notamment 96 % en France, 95 % en Allemagne et en Belgique, 98 % en Italie et 96 % en Espagne.

95 %

des automobilistes européens estiment que le coût des déplacements augmente.

La question ne concerne donc plus seulement le prix d’achat d’un véhicule. Carburant, entretien, réparations et dépenses quotidiennes associées à la mobilité viennent peser sur le budget global des ménages.

Pour 8 automobilistes sur 10, posséder une voiture est devenu un luxe

Cette pression budgétaire transforme également la perception même de l’automobile.

80 % des Européens interrogés considèrent désormais que posséder une voiture individuelle est devenu un luxe.

La France se situe même au-dessus de cette moyenne : 86 % des automobilistes français partagent cette opinion. Le constat est également très présent en Italie et en Espagne, où il atteint respectivement 82 % et 81 %.

La voiture est-elle encore considérée comme un équipement ordinaire ?

De moins en moins. Alors qu’elle demeure nécessaire pour une très grande partie des automobilistes, son coût conduit une majorité d’entre eux à la percevoir désormais comme un bien financièrement contraignant.

Cette évolution est particulièrement significative car elle intervient alors même que l’automobile demeure difficile à remplacer pour de nombreux déplacements.

88 % ne pourraient pas se déplacer comme ils le souhaitent sans voiture

La hausse du coût de l’automobile ne signifie pas que les conducteurs peuvent facilement s’en passer.

88 % des automobilistes européens déclarent que sans voiture, ils ne pourraient pas se déplacer comme ils le souhaitent.

Cette dépendance est encore plus marquée en France et en Italie, où elle concerne 91 % des automobilistes, ainsi qu’en Allemagne et en Autriche avec 90 %.

Le paradoxe de la mobilité : la voiture est simultanément perçue comme indispensable et comme de plus en plus coûteuse. Les ménages doivent donc souvent chercher à réduire leurs dépenses sans pouvoir réellement renoncer à leur véhicule.

Les contraintes financières commencent à modifier les déplacements

Face à cette hausse des coûts, les automobilistes n’attendent pas nécessairement de changer de véhicule ou de motorisation. Beaucoup commencent d’abord par modifier leurs usages quotidiens.

La première réponse consiste à limiter certains déplacements. 64 % des automobilistes européens déclarent avoir récemment réduit leurs trajets non essentiels pour des raisons financières.

La France se distingue particulièrement : 76 % des automobilistes français indiquent avoir diminué ce type de déplacements.

64 %

ont réduit leurs déplacements non essentiels à cause de contraintes financières.

Cette adaptation montre que le budget automobile ne joue plus uniquement sur le choix du véhicule. Il influence directement la fréquence à laquelle celui-ci est utilisé.

Marche et vélo gagnent du terrain pour des raisons économiques

La seconde adaptation la plus fréquemment déclarée concerne les mobilités douces.

54 % des automobilistes européens disent utiliser davantage la marche, le vélo ou d’autres solutions de mobilité douce en raison de contraintes financières.

Le phénomène est particulièrement visible en Espagne, où cette proportion atteint 58 %, et au Royaume-Uni avec 57 %.

Cette progression ne doit donc pas être interprétée uniquement comme une évolution écologique des comportements. Le coût des déplacements constitue également un puissant moteur de changement.

Idée reçue : « Les automobilistes changent leurs habitudes uniquement pour des raisons environnementales »

Pas nécessairement. L’étude montre que des contraintes financières conduisent déjà une majorité d’automobilistes européens à utiliser davantage les mobilités douces.

Changer de voiture devient une dépense que beaucoup préfèrent reporter

Les arbitrages financiers concernent également le renouvellement du véhicule.

38 % des automobilistes européens déclarent avoir renoncé à changer de voiture récemment en raison de contraintes budgétaires.

En France, cette proportion atteint 44 %. Elle est également élevée en Italie avec 43 %, au Royaume-Uni avec 42 % et en Allemagne avec 41 %.

Ce comportement peut avoir un impact direct sur l’âge moyen du parc automobile : lorsque le budget se resserre, prolonger l’utilisation du véhicule déjà possédé devient une alternative naturelle à son remplacement.

30 % reportent même certaines réparations

Les arbitrages budgétaires touchent aussi l’entretien. 30 % des automobilistes européens déclarent avoir décalé des entretiens ou des réparations non urgentes de leur voiture.

En France, ils sont 34 % à avoir adopté cette pratique.

Un autre effet de la hausse des coûts : lorsqu’un ménage cherche à réduire ses dépenses automobiles, il peut agir à la fois sur le nombre de trajets, le renouvellement du véhicule et le calendrier de certaines opérations d’entretien.

Comment les automobilistes européens s’adaptent aux contraintes financières
Pratique récemment adoptée Automobilistes européens
Réduire les déplacements non essentiels 64 %
Utiliser davantage les mobilités douces 54 %
Renoncer à changer de voiture 38 %
Utiliser davantage les transports en commun 36 %
Décaler certains entretiens ou réparations 30 %
Adopter une motorisation électrique ou hybride 21 %
Changer de voiture 15 %
Opter pour le covoiturage 13 %

La pression sur le carburant inquiète également les automobilistes

La question du coût ne se limite pas aux dépenses observées aujourd’hui. 95 % des automobilistes européens estiment également que les tensions internationales auront un impact durable sur le prix du carburant.

Cette anticipation contribue probablement au sentiment d’incertitude qui entoure le budget automobile : le coût actuel est déjà élevé, mais beaucoup de conducteurs redoutent également une hausse durable des dépenses à venir.

Un bouclier tarifaire sur le carburant largement plébiscité

Face à cette inquiétude, les automobilistes européens se montrent très favorables à une intervention sur les prix.

92 % sont favorables à la mise en place d’un bouclier tarifaire dans leur pays afin de limiter la hausse du prix du carburant.

92 %

des automobilistes européens soutiennent le principe d’un bouclier tarifaire sur les carburants.

L’adhésion atteint 93 % en France et grimpe jusqu’à 96 % en Italie. Même dans le pays où elle est la plus faible parmi ceux étudiés, la Belgique, elle atteint encore 90 %.

Cette quasi-unanimité montre que le coût du carburant reste une question très sensible, y compris dans un contexte de transition progressive vers d’autres motorisations.

La transition vers l’électrique avance, mais surtout grâce à l’hybride

Lorsqu’ils imaginent l’achat d’une nouvelle voiture, les automobilistes européens ne se tournent plus majoritairement vers les motorisations thermiques classiques.

60 % déclarent qu’ils choisiraient un véhicule électrique ou hybride s’ils devaient acheter une voiture demain.

Dans le détail, 21 % choisiraient un véhicule entièrement électrique, 24 % un hybride rechargeable et 15 % un hybride non rechargeable.

Les motorisations thermiques représentent encore 36 % des intentions : 27 % pour l’essence et 9 % pour le diesel.

60 %

envisageraient une voiture électrique ou hybride lors d’un prochain achat.

Ce résultat permet toutefois de nuancer l’idée d’un basculement massif vers le tout-électrique. L’électrique seul ne représente que 21 % des choix, tandis que les différentes formes d’hybridation totalisent 39 %.

De fortes différences entre les pays

Les préférences en matière de motorisation restent très variables à travers l’Europe.

  • 70 % des automobilistes espagnols envisageraient l’électrique ou l’hybride ;
  • 66 % des Italiens ;
  • 63 % des Britanniques ;
  • 60 % des Français ;
  • 56 % des Allemands ;
  • 54 % des Belges ;
  • 50 % des Autrichiens.

Le Royaume-Uni se distingue notamment par une attirance plus forte pour le véhicule 100 % électrique, cité par 31 % des automobilistes, contre 19 % en France et 16 % en Italie.

Les automobilistes français semblent particulièrement touchés par la contrainte budgétaire

Sur plusieurs indicateurs, les automobilistes français apparaissent particulièrement sensibles à la hausse du coût de la mobilité.

98 % considèrent aujourd’hui que se déplacer en voiture individuelle est cher. Parmi eux, 44 % qualifient même ce coût de « très cher ».

La France se distingue aussi par la proportion d’automobilistes ayant déjà adapté leurs habitudes :

  • 76 % ont réduit les déplacements non essentiels ;
  • 54 % utilisent davantage les mobilités douces ;
  • 44 % ont renoncé à changer de voiture ;
  • 34 % ont reporté des entretiens ou réparations non urgents ;
  • 33 % utilisent davantage les transports en commun.

La contrainte économique semble ainsi agir avant même la décision d’achat : elle modifie d’abord la façon de se déplacer et la manière de gérer le véhicule déjà possédé.

Les jeunes adaptent davantage leur mobilité

L’étude fait également apparaître des différences importantes selon l’âge. Chez les automobilistes français de 18 à 24 ans, 75 % déclarent utiliser davantage les mobilités douces et 64 % davantage les transports en commun.

Le covoiturage est lui aussi beaucoup plus présent dans cette tranche d’âge : 40 % des 18-24 ans français indiquent y avoir davantage recours pour des raisons financières, contre 19 % dans l’ensemble de l’échantillon français.

Cette génération semble donc davantage capable de combiner plusieurs modes de transport afin de réduire ses dépenses.

Ce que révèle l’étude
  • Le coût est devenu le premier sujet : 95 % des automobilistes européens jugent les déplacements de plus en plus chers.
  • La dépendance à la voiture reste forte : 88 % disent ne pas pouvoir se déplacer comme ils le souhaitent sans elle.
  • L’automobile change de statut : 80 % estiment que posséder une voiture est devenu un luxe.
  • Les usages évoluent déjà : 64 % ont réduit leurs déplacements non essentiels.
  • Les alternatives progressent : 54 % utilisent davantage les mobilités douces.
  • Le renouvellement est repoussé : 38 % ont renoncé à changer de voiture.
  • L’électrification progresse : 60 % envisageraient désormais une motorisation électrique ou hybride.

La mobilité de demain sera d’abord une question de pouvoir d’achat

L’étude dessine finalement une évolution plus complexe qu’un simple passage de la voiture thermique à la voiture électrique.

Le premier facteur de transformation semble être économique. Avant même de changer de technologie, les automobilistes réduisent leurs déplacements, marchent davantage, utilisent davantage les transports en commun ou conservent leur véhicule plus longtemps.

La voiture conserve pourtant une place centrale : près de neuf automobilistes européens sur dix déclarent qu’ils ne pourraient pas se déplacer comme ils le souhaitent sans elle.

C’est précisément ce qui rend la situation particulière. Les Européens ne semblent pas vouloir abandonner massivement l’automobile ; ils cherchent surtout à continuer à se déplacer malgré un budget devenu plus contraint.

La progression de l’électrique et de l’hybride s’inscrit dans ce contexte. Le choix d’une nouvelle motorisation ne dépend donc pas uniquement de considérations environnementales : prix d’achat, coût d’usage et capacité à préserver son pouvoir d’achat deviennent des éléments centraux dans les décisions de mobilité.

Questions fréquentes sur les attentes des automobilistes européens

Les Européens trouvent-ils que se déplacer coûte plus cher ?

Oui. 95 % des automobilistes interrogés considèrent que le coût des déplacements augmente.

La voiture reste-t-elle indispensable ?

Pour une très grande majorité, oui. 88 % déclarent qu’ils ne pourraient pas se déplacer comme ils le souhaitent sans voiture.

Combien d’automobilistes ont réduit leurs déplacements pour économiser ?

64 % des automobilistes européens déclarent avoir récemment réduit leurs déplacements non essentiels pour des raisons financières.

Les contraintes financières empêchent-elles de changer de voiture ?

38 % des automobilistes européens indiquent avoir renoncé à changer de voiture en raison de contraintes financières. La proportion atteint 44 % en France.

Quelle motorisation les Européens choisiraient-ils aujourd’hui ?

60 % envisageraient une voiture électrique ou hybride : 21 % électrique, 24 % hybride rechargeable et 15 % hybride non rechargeable.

Les automobilistes souhaitent-ils un bouclier tarifaire sur les carburants ?

Oui. 92 % des automobilistes européens interrogés se déclarent favorables à un dispositif limitant la hausse du prix du carburant.

Source de l’étude

Étude : Sondage OpinionWay pour AramisAuto – « Les attentes des Européens en matière de mobilité ».

Population étudiée : 7 036 automobilistes issus d’échantillons constitués en France, au Royaume-Uni, en Allemagne, en Autriche, en Belgique, en Italie et en Espagne.

Mode de recueil : questionnaire auto-administré en ligne.

Période : du 14 au 23 avril 2026.

Publication : mai 2026.